Mon blog : D'une vie à l'autre...

L'association Coeur & ACT intervient en Asie du Sud-Est dans les domaines de l'enfance, l'éducation et la formation, la lutte contre la pauvreté et la médecine humanitaire.

"Ces chroniques et impressions (textes et photos) sont des "moments de vie" véçus durant mon année sabbatique en Asie, partagée entre écriture et voyages humanitaires...

 

Ce fut un "temps" hors du temps...

 

Leur finalité est seulement d'exprimer et de partager les émotions ressenties...

 

Dans la page Humanitaire, je vous parlerai aussi de mon engagement humanitaire et de mon association Coeur & ACT, crée en Août 2014, après 4 années à oeuvrer auprès d'ONG en Chine puis au Vietnam...

 

Bien sincèrement,

Laurence"

 

Retrouvez toute mon actualité (magazines, livres, et association...) sur www.laurencelallement.com 

 

Le bruit des portes métalliques...

 

Nous entrons…

Le bâtiment gris et ancien ne se distingue pas des autres au milieu de la ville…

Pas de nom, pas de plaque, pas de sonnette.

Ici, de toutes façons, on ne vient jamais par hasard…

 

La première chose que l’on remarque, à l’intérieur, ce sont les portes métalliques vertes à serrures…

Etrange sensation.

Je chasse les pensées qui affluent aussitôt dans ma tête.

 

Je suis venue pour « les » rencontrer et je refuse de porter un jugement aussi immédiat et nécessairement subjectif…

 

Alors, je cherche une explication plausible.

Les portes étaient peut-être là avant que le bâtiment ne soit réaffecté…?

 

J’avance dans le premier couloir long et exigu que l’on m’indique.

Deuxième porte métallique…

Je la franchis et je m’efforce de ne pas réfléchir.

 

Je continue.

Troisième porte métallique…

Il est difficile de tenir ses pensées à distance. Je ne vais pas y parvenir très longtemps…

 

J’aperçois au bout du long couloir sombre, une pièce plus colorée et m’y dirige comme instinctivement. Comme c’est naïf de croire que les couleurs peuvent éloigner les pensées...

 

J’allais passer devant eux sans les voir.

Je m’arrête immédiatement. Je retiens ma respiration.

C’est une vision que je n’oublierai jamais…

 

C’est une pièce de 20 mètres carrés environ.

Au milieu, une table et des chaises en bois.

Au mur, une télévision branchée sur un programme national qui rompt le silence de la pièce…

 

La première chose qui frappe, c’est d’ailleurs ce silence épais et pesant…

Il est des silences qui parlent plus que les mots et ce silence là, j’ai eu l’impression qu’il criait d’une manière sourde et désespérée…

 

Ils ne bougent pas. Ils ne parlent pas.

Je ne crois pas qu’ils regardent la télévision non plus…

Mais que font-ils alors ?

 

Justement, ils ne font rien.

 

En les regardant, parce que je tente de garder le contrôle des mille émotions qui m’envahissent, je pense à cette citation d’Oscar Wilde : « Vivre est ce qu’il y a de plus rare au monde ; la plupart des gens se contentent d’exister. »

 

Voilà, en cet instant, je touche douloureusement du doigt la nuance.

 

Que font ils ?

Ils existent…

Sauf qu’eux n’ont pas le choix. Ni de leur vie, ni de leur destin.

Et « vivre » au sens d’Oscar Wilde ne fait pas partie des possibilités de leur existence…

 

Ils sont une vingtaine d’enfants, âgés de 2 à 8 ans, filles et garçons réunis, bien portants ou atteints d’infirmités, aveugles, sourds ou de maladies mentales plus ou moins graves…

 

Une vingtaine d’enfants assis les uns à côté des autres, qui ne parlent pas, ne bougent pas, ne jouent pas.

 

Ils ont un autre point commun à leur triste sort : ils sont orphelins et ils semblent comme résignés à « seulement » exister à la surface du monde, à la frange du temps, à l’écart de la douceur d’un foyer ou d’une famille aimante…

 

C’est une vision violente sur le plan émotionnel.

 

Je m’interdis d’exprimer la moindre émotion parce qu’il serait intolérable de leur renvoyer au visage, la vision de toute la compassion que m’inspire leur situation, alors je m’efforce de sourire et timidement je rentre dans la pièce…

 

Je m’approche. Certains lèvent les yeux vers moi d’un air surpris.

Je ne ressemble pas aux personnes qu’ils ont l’habitude de voir quotidiennement.

Je suis une « laowai » comme on dit en Chine.

En ont-ils déjà vu ?

 

Alors, une petite fille au visage de poupée chinoise esquisse un timide sourire dans ma direction. Elle doit avoir 2 ou 3 ans. Elle semble en parfaite santé.

Je questionne.

On m’explique qu’elle est effectivement bien portante mais que seuls les enfants plus âgés sont scolarisés et que dans l’intervalle, les autres restent aux côtés des enfants malades tous les jours durant les 3 ou 4 premières années de leur existence.

 

Je me dirige dans sa direction. Puis je m’arrête.

Au moment où j’allais m’agenouiller vers elle, lui toucher la main, peut-être céder à l’envie de la prendre dans mes bras, je croise le regard des autres…

 

Je suis trop près d’eux, à présent, pour qu’ils ne se soient pas rendus compte de ma présence. Ils me regardent pratiquement tous.

 

Leurs regards semblent m’interroger, m’appeler…

J’imagine, à tort ou à raison qu’ils me parlent inconsciemment :

 

« Pourquoi « elle » et pas « nous » ? »

 

Je reste immobile, comme figée.

Je réalise que si je témoigne de l’affection, ne serait-ce que quelques minutes, à cette petite fille, les autres ressentiront la différence.

 

Là, tous ensemble, sans jouets, sans affection, ils ont au moins quelque chose en commun : ils se ressemblent dans l’immensité de leur solitude.

 

En « choisissant » cette petite fille, je vais créer une différence…

Alors, je les regarde en m’efforçant de croire que mes regards et mes sourires puissent leur apporter un peu de réconfort ou de douceur…

 

Je leur fais des signes de la main. Je m’efforce de paraître joyeuse.

J’aimerai tant les faire rire, ne serait ce que quelques instants…

 

Peut-être parce que je crois aux vertus du rire, vestiges de mes enseignements philosophiques « bergsonien »…Peut–être parce que je ne peux me résoudre à repartir sans leur avoir « donné » quelque chose….

 

Certains me répondent. Au bout de quelques minutes, j’aperçois même des sourires se dessiner sur leurs petits visages tristes.

 

Des lueurs espiègles apparaissent dans les yeux de la petite fille qui la première a attiré mon attention. Je la trouve si belle et attendrissante.

J’ai l’impression qu’elle essaie de se montrer drôle. Peut-être de me faire rire, à son tour…

C’est une sensation folle que d’avoir envie de pleurer et de rire simultanément.

Mais dans cet échange là, il n’y a qu’une seule réponse possible...

 

Je savais bien que le rire était un passeport. Il se passe de mots, de traduction.

A travers les rires, on communique.

On se « touche » peut-être plus qu’avec des gestes…

 

Je me rends alors compte qu’en réalité, ces enfants sont « comme les autres ».

Ils sont capables de sourire, de s’amuser, de rire, d’échanger…

C’est peut-être le constat le plus douloureux…

 

Le moment de partir est arrivé.  On va leur servir leur déjeuner. Un bol composé de riz, pâtes et légumes bouillis puis mixés. Pas d’entrée, pas de dessert…

 

Je me fais la promesse, mentalement, de revenir.

Après les derniers signes de la main et les derniers sourires, je m’éloigne.

 

La dernière vision, à travers les vitres de la salle où ils se trouvent, c’est leurs petits visages… Ils n’affichent pas de regrets, pas de peine à me voir partir…

 

Ils ont pris et partagé ce qu’il y avait à prendre, sans peur, sans réticence, sans amertume, sans colère et ils me regardent, à présent, partir avec la même acceptation, la même résignation avec laquelle, ils grandissent dans ce triste orphelinat chinois…

 

Je repars par le même couloir sombre. Finalement tant mieux qu’il ne soit pas trop éclairé. Il faut peut-être un peu d’obscurité lorsque l’on quitte ces enfants avant de retrouver le monde extérieur.

 

Le silence redevient lourd et pesant derrière moi…

Je les imagine redevenus des petits « pantins » silencieux, immobiles, presque sans vie…

J’approche de la sortie. J’aperçois la lumière du jour.

Ma respiration commence à redevenir normale…

 

La dernière chose que j’entends avant de partir, c’est le bruit des portes métalliques qui claquent, que l’on verrouille et déverrouille et qui constituent la « seule » musique que ces enfants entendent du matin au soir…

 

Des portes métalliques qui claquent, des clés que l’on agite, des portes qui emprisonnent, des couloirs longs et sombres…

 

L’ancienne avocate pénaliste que je suis, ne peut s’empêcher de faire un parallèle douloureux...

Mais à l’intérieur, ces enfants-là n’ont commis aucun crime sauf peut-être, aux yeux de certains, celui "d’exister…"

 

De ces rencontres que l'on n'oublie jamais...

 

Une minuscule maison nichée dans une ruelle colorée tout au long de laquelle s’aligne des logements contigus. Dans ce quartier, loin du cœur frénétique de Shanghai, la promiscuité fait partie du paysage quotidien…

 

Plusieurs heures après l’avoir quittée, j’entends encore ses éclats de rire raisonner dans ma tête. Je la revois cligner des yeux, tantôt par timidité, tantôt par malice, tantôt par nécessité physique …

 

Ses regards, ses rires et ses pensées sont trop intenses pour laisser indifférent quiconque croise son chemin…

 

Comment la décrire ?

Il est difficile, à première vue, de lui donner un âge.

Physiquement, elle a l’air d’avoir 15 ans mais lorsqu’elle se met à parler en français, on pense qu’elle est certainement beaucoup plus âgée mais que le temps s’est comme figé sur son physique d’adolescente …

 

Un esprit grave et sage dans un corps frêle et juvénile…

De la douceur au milieu d’une exaltation à l’état brut…

De la force de caractère au milieu d’une apparente fragilité…

 

On devine rapidement qu’elle semble mener un « combat » quotidien avec elle même…

Elle ne veut pas qu’on la « réduise » à son corps malade et fragile alors elle prend un soin tout particulier à démontrer, selon ses propres mots, que « sa tête n’est pas handicapée… ».

Elle ressent comme une sorte de besoin vital et viscéral de parler de ses centres d’intérêts.

Elle en a beaucoup et en premier lieu, une passion pour la langue et la culture française. Elle a quasiment appris le français, toute seule, ayant été déscolarisée, à son grand désespoir, très jeune.

 

Rien dans sa famille ou dans sa vie ne la prédisposait à s’intéresser à la langue française et c’est pour elle, une grande satisfaction que de parler français.

Elle insiste d’ailleurs souvent sur le fait que personne dans son entourage familial ne parle le français…

Elle a la chance depuis quelques années, grâce à la générosité de « ses marraines de cœur » de pouvoir pratiquer le français…

 

Elle se passionne aussi pour le Sanscrit, sujet sur lequel elle pourrait disserter durant des heures, trouvant toutes sortes de similitudes ethymologiques, réelles ou supposées, avec la grammaire française ou le latin. Elle parle également l’anglais…

 

Elle a récemment étudié le bouddhisme qu’elle considère comme une philosophie de vie et dont elle confie qu’il lui permet, souvent, de transcender les souffrances ou les peines de son quotidien…Celles que chacun peut rencontrer comme la perte d’êtres proches mais aussi celles plus exclusives qu’elle est la seule à vivre en raison de son « état »…

 

Mélange de fragilité et de force, elle est faite de contrastes…

Son enthousiasme que l’on perçoit aux travers de ses nombreux éclats de rire, malgré son naturel timide, est parfois ponctué de pensées terriblement lucides sur sa condition, sa solitude ou sa « différence »…

 

Elle se désole de ne pas avoir d’amis « de son âge.. » dit-elle.

Elle a aussitôt, à cœur, d’expliquer que son handicap n’est pas la cause de sa solitude.

Elle veut absolument nous convaincre ou, peut-être se convaincre elle même, que ce n’est pas le cas.

 

Elle veut avoir le choix de « sa » différence avec les autres et refuse que cet état de fait ne lui soit imposé par sa seule condition physique...

Entre fierté et dignité, elle a décidé d’avoir le choix de sa « différence »…

 

Elle dit se sentir « différente des autres » par ses pensées et ses réflexions.

On devine derrière les mots utilisés, les arguments employés, une souffrance omniprésente…

Le silence s’impose dans cette petite pièce exiguë et hétéroclite qui constitue son univers quotidien.

On ne peut que l’écouter, désarmée et émue, de l’entendre se livrer ainsi, sans barrière et sans filet, presque se mettre à nue…

 

Elle éprouve comme une sorte de besoin irrépressible et terriblement touchant de ne pas être « réduite » à sa condition ou à son corps…

 

Alors, elle parle d’elle longuement, de ce qu’elle est, au delà des seules apparences, de ses passions, de ses pensées, de tout ce qu’elle a dans la tête…

 

Ce n’est que lorsqu’elle a la certitude que son interlocuteur a mieux perçu sa « véritable » nature ou peut-être juste qu’on la considère comme un être humain à part entière, qu’elle commence à se détendre véritablement et que, progressivement, ses pensées lucides ou graves sont, à nouveau, entrecoupées par ses éclats de rire sonores.

 

Mélange d’acceptation et de révolte, elle est faite de paradoxes…

 

On pourrait alors la croire « perdue » dans ce corps malade qui est la cause de ses souffrances physiques et psychologiques et, en même temps, elle semble s’en être accommodée, comme si au fil du temps, s’était tissé entre elle et « lui » une sorte de pacte de non agression au terme duquel chacun doit supporter l’autre en essayant d’être le moins envahissant possible…

 

Parfois en la regardant, on ne peut s’empêcher de se demander si elle a ou non compris que dans « cette partie », le sort a déjà désigné le gagnant …?

 

Du haut de son 1,20 mètres et de toute l’étendue de sa maturité, a t-elle conscience que l’avenir, pour elle, ne s’annonce pas aussi vaste, joyeux et infini que le fil inexorable de ses pensées ?

 

Elle s’appelle Emilie et elle a 25 ans.

Elle est chinoise, handicapée moteur et malvoyante.

Dans son corps, Emilie se sent seule et prisonnière.

Mais dans sa tête, Emilie se sent « française » et terriblement libre…

Emilie ne ressemble à personne d’autre…  

Elle est belle de sa sincérité désarmante, de sa joie de vivre contagieuse et de la gravité de ses pensées.

 

Petite « princesse » des temps modernes, Emilie vit perchée au 3ème étage d’une maisonnette exiguë au bout d’un long escalier raide et étroit que son état l'empêche parfois d’emprunter…

 

Refuge ou prison, sa petite chambre est l’univers duquel elle parvient à s’évader grâce à sa force de caractère hors du commun et aux mille pensées qui chaque jour traversent son esprit vif et enjoué…

 

Ce qu’Emilie ne peut accomplir physiquement, elle le vit dans sa tête et dans ses rêves.

 

Emilie s’imagine découvrir la France…

Emilie se rêve en « amoureuse » dans les rues de Paris…

Elle confie alors, dans un grand éclat de rire, qu’elle est certaine que les français sont les êtres « les plus romantiques du monde »…

 

Mais sans doute n’aura-t elle jamais la chance de connaître ce Paris qu’elle aime tant par procuration… On se prend alors à trouver terriblement « injuste » que Shanghai soit situé si loin de Paris, ne serait-ce que pour voir, un instant, le bonheur immense qui se peindrait sur le visage si expressif d’Emilie…

 

Emilie a fait, sans le savoir, de sa différence, sa plus belle force, sa plus belle victoire.

 

Alors qu’elle fait tout pour « dissocier » son corps de son esprit, quand on la rencontre, on ne peut que l’aimer toute entière, pour ce qu’elle est, corps et âme, sans rien devoir ajouter ni retrancher…

 

Entendre les rires d’Emilie, c’est comme si durant un instant, l’humanité oubliait ses malheurs…

 

Et moi hier à Shanghai, au milieu des bruits assourdissants de la ville, j’ai eu la chance d’entendre les rires d’une princesse…

 

Plus d'une année que je suis en Chine et ma passion pour cette ville est intacte…!

J’aime tout ici : La diversité de la ville, ses habitants, leur mode de vie, leur manière d’être, ses quartiers si différents les uns des autres, l’ambiance qui ne ressemble à aucune autre grande ville…

 

Shanghai est difficile à décrire : C’est une mégapole qui insuffle la même énergie, la même envie d’agir que sa « cousine d’Amérique du Nord » en donnant le sentiment que « rien n’est impossible » mais cette ville, malgré son bouillonnement incessant, insuffle aussi paradoxalement, une grande sérénité…

 

Parfois, je me demande comment j’ai fait pour vivre « sans Shanghai » avant…

Cela peut paraître « étrange » mais c’est vraiment ce que je ressens.

Je m’y sens comme « en terre connue »…

Serai-je « chez moi » à Shanghai ? ;-)

C’est une question bien moins farfelue qu’il n’y paraît à mes yeux…

 

Autour de moi, j’entends pourtant régulièrement, des expatrié(e)s  se plaindre de Shanghai (« trop grand, trop pollué, trop de circulation, trop de monde… »), se plaindre des chinois, se plaindre de vivre « ailleurs »…

 

J’avoue ne pas les comprendre.

A mes yeux, vivre dans une telle ville est une chance fabuleuse. Une chance d’avoir une perception différente du monde, de ses enjeux, de ses possibilités de devenir…

 

Mais comme en matière de politique ou de religion, je respecte les points de vue différents.

J’aime  « les débats d’idées », l’échange de points de vue différents, du moins lorsque celui-ci demeure constructif et respectueux. C’est même clairement un plaisir que de confronter ses opinions avec des gens ouverts, intelligents et tolérants.

 

J’ai tendance à croire qu’un point de vue peut toujours se moduler, se modérer, se tempérer, quelque soit le degré de conviction de ses idées originelles… La "rigidité" du raisonnement, des certitudes, des croyances m’inquiète toujours un peu…

 

C’est sans doute une déformation professionnelle…

Lorsque j’exerçais mon métier d’avocate, le débat « contradictoire » me passionnait.

J’ai beaucoup aimé ce métier même s’il était source d’un important stress au quotidien…

 

J’ai l’impression que le temps est si vite passé depuis cette époque :

Septembre 1995, j’ai 22 ans passés de quelques mois et j’intègre l’école d’avocats…  L’année suivante, j’obtiens mon CAPA et je prête serment… Ces moments furent très forts émotionnellement.

 

J’ai exercé ce métier durant 8 ans avec plaisir, passion et conviction.

Mais je n’ai jamais regretté mon choix de passer à une autre étape de ma vie professionnelle.

 

Intégrer une entreprise, y assumer durant 6 ans des responsabilités importantes, diriger une équipe au quotidien, la fédérer, la motiver, inscrire nos actions dans la durée, aura également été une période passionnante de ma vie.

J’y ai beaucoup appris professionnellement et sur le plan humain…

 

Mais fidèle à ma « philosophie de vie », je ne regrette pas non plus mes choix actuels…

Cette nouvelle vie en Chine, depuis 1 an, est si différente…

Pour la première fois, je n’ai pas le sentiment que ces 365 jours soient passés « trop » vite ni qu’ils aient été « interminables »…

 

Non, au contraire, j’ai le sentiment de les avoir appréhendés à leur juste mesure…Ni trop vite, ni pas assez…Juste ce qu’il fallait.

 

J’ai longtemps pensé que l’être humain n’avait pas la capacité d’appréhender le moment présent…

« ce que je faisais hier…». « ce que je ferai demain… »

Mais plus difficilement « ce que je suis en train de faire maintenant… »

 

Pourtant ici en Chine, dans cette « troisième partie » de ma vie, j’ai le sentiment de mieux comprendre le « temps »…
Est-ce cela le plus grand des bienfaits de la Chine sur moi ?

Changer mon rapport au temps ?

 

Peut-être que lorsque l’on parvient à ressentir le moment présent, on se sent davantage en paix avec soi même, moins dans « l’urgence de sa vie », plus en phase avec ses idées, sa nature véritable, ses convictions…

 

Ecrire est une sensation fabuleuse.

Je crois que l'on donne beaucoup de soi à travers les mots, consciemment ou inconsciemment...

Le choix des mots, la manière de les méler les uns aux autres forment une sorte de "musicalité" qui constituent un peu "l'identité", 'l'adn" de celui qui écrit...

On se cherche, on se trouve, on se perd à nouveau, à travers ce que l'on écrit; c'est un peu comme une "quête" permanente mais qui n'est pas forcément, douloureuse ou thérapeutique...Non, on peut aussi écrire avec et par bonheur, parce que précisément, on se sent bien... 

 

Ici en Chine, j’ai enfin trouvé le temps d'écrire...

Finalement, peut-être que tout se résume toujours à « notre rapport au temps ».

 

Aujourd’hui, pouvoir également « donner de mon temps aux autres », comme j’ai toujours voulu le faire sans jamais y parvenir au milieu de mes vies professionnelles très intenses, est aussi une source de grand bonheur.

 

Les moments de partage véçus auprès des enfants issus de minorités ethniques ou des populations rencontrées ces derniers mois, en Chine ou au Vietnam dans le cadre de mes voyages, ont été des expériences humaines extraordinaires...

 

Elles ont encore davantage renforcé les certitudes et convictions qui étaient déjà les miennes en terme d'engagement humanitaire...

 

La sincérité des regards de ces gens démunis, l'authenticité et l'intensité des émotions ressenties à leurs côtés, la générosité de leur accueil, sans calcul, sans demande en retour, leur désir de partager le peu qu'ils possèdent.... m'ont tellement plus apportés que toutes les gratifications ou démonstrations que j'ai pu recevoir dans mes "anciennes vies professionnelles" dont la plupart étaient sans doute, totalement superficielles ou intéressées...

 

Donner rend "heureux", c'est une certitude que l'on donne un peu de son temps, de son esprit, de son coeur ou que l'on accomplisse une action concrète...

 

Après une première expérience de l’engagement humanitaire, durant cette année en Chine, j’ai décidé, à présent, de créer ma propre association avec un petit groupe de filles formidables, rencontrées à Shanghai et qui partagent les mêmes valeurs philosophiques et humanistes que moi et surtout qui ont la même conception de l’action humanitaire...

 

"Agir pour tous, partout et chaque fois que celà sera nécessaire..."

Notre action ne se limitera pas à une cause en particulier ni à un périmètre d’intervention déterminé. 

 

Nous souhaitons, au contraire, conserver notre entière liberté de penser et d’action au service de toutes les causes qui nous paraitront justes et légitimes…

 

Le dénominateur commun de nos interventions sera « d’utiliser l’Art et la Culture » en les mettant au service de la générosité humaine…

 

C’est un projet immense, passionnant et ambitieux et je me réjouis de pouvoir désormais m’y consacrer à côté de l'écriture…

 

Bien évidemment, j’en reparlerai très prochainement et très souvent sur ce blog…Clin d'oil

 

A très bientôt,

Sincèrement,

Laurence.

 

* "Xie Xie Shanghai" : "Merci Shanghai" 

 

Commentaires

16.04 | 21:01

C'est un article tres instructif, je viens acheter des poissons et je voulais connaitre l'histoire de la carpe japonaise dont ils descendent, merci beaucoup! :-

...
04.11 | 11:27

Grâce "aux enfants du dragon" ,j'ai découvert votre premier roman !
Félicitations !
J'ai hâte de lire les deux autres tomes.

...
18.06 | 21:38

J ai adoré ce roman , il me tarde de lire le 2éme tome, je l ai "dévoré" en 2 jours!

...
06.12 | 04:29

Bonjour, Les chroniques de Lawren ne sont, pour le moment, publiées que dans les magazines Même Pas Mâle et Fous de Food. Cdt, LL.

...